
Le manque de savoir-vivre, les incivilités, les agressions, les brutalités, les manifestations violentes, les délinquances de tous genres, les écoles en détresse, la baisse du niveau intellectuel, des diplômes scolaires et universitaires dépréciés etc…, constituent désormais, une vérité qui inquiètent, à juste titre, les Français. Cette situation déplorable s’intensifie, hélas, de jour en jour, au point d’atteindre le prestige même de la France. De nombreux éducateurs, parents et enseignants, poussés souvent au désespoir, abandonnent, désemparés, leurs rôles…Les forces de l’ordre et même la justice semblent chanceler à leur tour. Les pouvoirs publics prennent trop de temps pour y agir et redresser la situation
Or, l’incivilité et l’immoralité s’emparent de plus en plus de la jeunesse de France.
La Société civile en danger. La société française est menacée actuellement du danger de voir sa civilisation ôtée de son contenu humaniste et submergée par des principes anarchistes qui rejettent toute autorité d’Etat s’imposant à l’individu. Des grèves injustifiées, des prises de positions pernicieuses de certains responsables associatifs, des mouvements sociaux mal-inspirés, la violence des rues et des quartiers, les incivilités et le non respect des lois, l’attestent. Les conséquences sont graves : une décadence morale, civique, sociale, et intellectuelle, sans précédents.
Le problème majeur actuel de la France, .qui prime tous les nombreux autres, c’est, indéniablement, l’effondrement de l’Education .
L’Education en toute son ampleur. La révolution philosophique, qui a secoué la société française, au milieu du siècle passé, et qui s’est soldée par les mouvements de 1968, a complètement bouleversé son existence morale. En effet, l’avènement du féminisme, la libération des mœurs, l’anéantissement de la cellule familiale traditionnelle et le rejet de l’éducation conventionnelle, etc…, ont marqué, depuis cette date, profondément, notre civilisation. En matière d’éducation, la pensée ingénieuse de l’époque, à savoir : « il est interdit d’interdire » a fait des ravages. Les lois et les normes qui régissent normalement l’Etat et la communauté nationale devinrent caduques. Peu à peu, un hiatus s’installa entre le citoyen et les pouvoirs publics du pays. Or, les gens de la génération soixante huitaine sont les parents actuels qui ont une grande part de responsabilité dans la situation de dégradation flagrante de l’éducation de la jeunesse.
Le redressement la situation actuelle est possible. Elle exige cependant la prise de conscience collective, des parents, des éducateurs et des pouvoirs publics, ainsi que la mobilisation générale et l’implication, de tous les Français, dans un projet global de réhabilitation de l’éducation. Il faudrait, à cet effet, agir avec discernement, sur une grande échelle, pour changer les mentalités et pour faire renaître les valeurs morales, civiques et spirituelles en dégradation constante depuis plusieurs décennies.
L’Education et ses fins. L’Education, dans le sens large du mot, devrait être permanente, tout au long de l’existence de l’individu, pour lui permettre «de mieux faire et de mieux être et aussi de mieux s’adapter aux changements qui interviennent incessamment dans sa vie sociale et professionnelle ». c’est-à-dire, pour qu’il soit, à la fois, un être social et professionnel.. Il faut donc entendre, dans le contenu de la même notion, non seulement le savoir de bien être et de vivre en société mais, également, le contenu intellectuel qui comprend l’alphabétisation, la formation professionnelle, le recyclage et la culture ; c'est-à-dire l’enseignement scolaire, la formation professionnelle et l’instruction périodique . C’est, en un mot, du côté de l’éducation que toute société en devenir doit chercher la solution à la plupart des contradictions, des difficultés, des bouleversements qui la secouent.
L’Education des enfants et des adolescents. Du fait de la mixture des cultures et des mœurs, de dernières décennies, due, entre autres, à l’augmentation démesurée du flux migratoire et à la lassitude des pouvoirs publics, l’éducation civique et morale de la jeunesse française, est défaillante au point de mettre, aujourd’hui, en danger la démocratie. Même si l’éducation première des jeunes enfants incombe théoriquement aux milieux familial et scolaire, il faudrait que la société tout entière prenne conscience du problème et s’y investisse en soutien aux familles et aux institutions scolaires. La tâche s’avère laborieuse à tel point que sa réalisation exige une synergie des forces: famille, corps enseignant, associations socio-éducatives,et socio-professionnelles, pouvoirs publics, etc…. L’Etat aurait un rôle primordial à jouer pour établir une politique d’éducation cohérente, claire, permanente et tenace, et pour y stimuler la participation de la communauté nationale toute entière. C’est encore au pouvoirs publics qu’incombe la tâche de formation , à une pédagogie plus adaptée, de tous les acteur de l’éducation. Une coopération étroite de toutes les structures sociales du pays serait hautement efficace. Elle permettrait de donner l’ impulsion d’agir et l’élan de zèle nécessaire en faisant jouer l’interaction entre les différents facteurs. En effet, les contacts réguliers entre tous les acteurs de l’éducation permettraient, à la fois, d’y sensibiliser les parents, eux-mêmes, et les faire sortir de leur isolement et de leur désarroi actuel et, au corps enseignant et éducatif, d’y trouver le soutien moral dont il en est privé actuellement.
Il serait indispensable, également, à revoir l’ensemble des programmes scolaires et d’augmenter les pratiques à caractère culturel, artistique et littéraire, ainsi que sportives, dans le cadre scolaire et associatif. En effet, ces activités non seulement adoucissent les mœurs, mais aussi, par le fait des interactions, elles permettent aux jeunes de mieux s’intégrer dans des groupes et de développer donc leur sens moral et social.
Le service civique obligatoire. Avec la suppression du service militaire obligatoire, la France a perdu un important facteur de renforcement non seulement de son identité nationale mais encore du sens civique et moral. Un service civique obligatoire permettrait, d’y remédier En effet, une période de quelques mois de vie communautaire, située avant le passage à l’âge adulte et à la vie active, serait pour les adolescents français, filles et garçons, une remarquable occasion de prise de conscience de leur appartenance à la communauté nationale qui leur offre des droits mais qui exige, en contre partie, également, des devoirs. Elle permettrait, de surcroît, à renforcer la cohésion sociale du pays.
Le service civique comporterait deux parties : - 1. Quelques mois de formation complémentaire, de recyclage ou de perfectionnement professionnel, en vue d’une meilleure adaptation à la vie active, et d’instruction civique et sociale; - 2. Stages pratiques de plusieurs mois dans des institutions publiques ou privées, à caractère social, pour y exécuter des travaux d’intérêt général, social ou humanitaire, aux choix des stagiaires.
La pédagogie de l’exigence et de l’exemple. Le changement des mœurs, des mentalités et, par conséquent, des comportements, qu’on souhaiterait appliquer en France, exige la participation de tous les citoyens français, épris de liberté et de démocratie, conscients de la situation morale et sociale actuelle, - tout particulièrement de la jeunesse -, et des dangers qu’elle encourt pour l‘avenir de la nation.
Les réformes de grande envergure ne peuvent être réalisées que par l’investissement effectif de tous. Les lois et les règles de conduite, qui assurent les bonnes mœurs et le fonctionnement d’une communauté, doivent être appliquées et respectées par tous, sans ménagement aucun. Pour ce faire, ce ne sont pas uniquement les parents, les enseignants et les éducateurs qui sont impliqués mais également l’ensemble de la communauté. Les principes éducatifs et moraux devraient être présents dans tous les rapports sociaux, comme une exigence commune à l’ensemble des citoyens, et une référence pédagogique pour la jeunesse. La pédagogie de l’exemple, pratiquée non seulement par les parents, enseignants ou autres éducateurs mais également par les institutions et par l’ensemble du milieu social, possède une très grande emprise éducative, tout particulièrement sur les jeunes.

