
On ne cesse pas de geindre et de chanter misère. Le civisme et la morale sont actuellement un désastre national. Les médias abondent de faits divers : les vols, la violence, la délinquance, les trafics illicites, de toutes sortes, la loi « des bandes », les incivilités et les inconvenances, envers les personnes, et l’irrévérence envers les valeurs et les emblèmes de la République,… qui font peur. On n’en compte plus leur nombre. Le manque du respect public des règles de la vie sociale et des institutions nationales, sont légion.
Les autorités publiques s’en rendent compte mais leurs efforts pour y remédier s’avèrent un échec. Des milliards d’euros sont allés en fumée pour la politique de quartiers et de la Ville, qui n’a pas arrêté l’escalade infernale des désordres et des incivilités Les analyses et les explications du phénomène, qui s’ étend, désormais , au-delà de certains quartiers au point d’atteindre presque la totalité du territoire national, s’avèrent mal fondées. Le ressort principal du phénomène de la décadence civique et morale actuelle, est fondamentalement d’ordre éducatif et social.
Durant les dernières décennies plusieurs événements sociaux se sont enchevêtrés et ont eu comme conséquence le profond déséquilibre moral, actuel. Le développement économique à outrance, l’émancipation de la femme, les orientations sociales du mouvement de mai 1968, le flux démesuré d’émigrants, etc…, pour ne citer que quelques-uns, firent perdre, progressivement, à la société française, ses repères moraux et sociaux, traditionnels. C’est là l’origine du désastre civique et moral que la société française toute entière subit actuellement.
Il faut se ressaisir et agir avec discernement car la tâche est ardue ! Nicolas Sarkozy semble avoir cerné le problème.. Sa volonté de changement et la voie à suivre, sont incontestables. « L’instruction civique et morale peut être bénéfique dans une société où l’esprit collectif fait si souvent défaut ».
En effet, l’Education à outrance, à tous les niveaux sociaux, - familial, scolaire et extra scolaire,- s’impose avec rigueur. Mais la complexité du problème est telle que sa solution exige une pédagogie adaptée et une action de grande envergure, avec la participation de tous les facteurs de la société..
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La pédagogie de l’exemple. Eduquer et instruire, dans une société fortement déréglée par un égotisme démesuré, n’est pas une sine cure. Education et Instruction sont deux notions ayant des signifiants à la fois analogues et complémentaires.
L’ Education est le fait de développer les facultés morales, intellectuelles et physiques de l’individu. Par conséquent, elle s’étend du perfectionnement des « réflexes primaires », existant dès la basse enfance, qui sont utilisés pour la nourriture même et pour la tenue, aux « habitudes physiques, intellectuelles et morales » nécessaires pour que l’enfant puisse tenir dans la société la place d’une personne de pleine activité matérielle et spirituelle. C’est la place qu’on attribue en France à l’ »honnête homme » ou bien, autrefois, au galant homme, l’homme bien élevé, l’homme distingué, ou bien le gentleman. Une éducation réussie est donc celle qui a développé au plus haut point l’énergie physique et le caractère moral. Elle consiste moins en préceptes qu’en exercice.
L’Instruction est l’acte ou la série d’actes qui consistent à donne r ou à recevoir l’enseignement des éléments, des principes, des matières qui servent et contribuent à constituer la connaissance. Elle comporte donc une acquisition des choses enseignées, sous quelque forme et dans quelque domaine, que ce soit, depuis les mouvements et exercices qui forment l’instruction physique, jusqu’aux objets les plus élevés de la connaissance scientifique ou philosophique. Mais elle comporte aussi,, tout au long de son développement, comme l’Education dès ses débuts, une acquisition d’habitudes qui sont des habitudes mentales, des méthodes. Ces habitudes et ces méthodes ne contribuent pas moins que les règles et les pratiques de l’éducation à former le caractère moral de l’individu.
L’être humain n’est pas programmé par instinct. Il est institué et, à cet effet, il nécessite des « répondants » pour le faire entrer dans le monde de l’humain qui est l’univers de la parole. « On ne naît pas homme, on le devient »
Tant l’éducation que l’instruction, sont dispensées, en premier lieu, par les parents, ainsi que par des éducateurs et les instructeurs, de tous niveaux, et, en second lieu, par le milieu socioprofessionnel, lui-même. En effet, la première éducation est celle qui importe le plus. Elle appartient incontestablement aux familles et, tout spécialement, aux femmes. Il y a ensuite l’éducation et l’instruction qui sont enseignées, par des professionnels, dans les écoles de tous degrés, et, enfin, le milieu professionnel et social qui distribue la formation permanente Dans l’action d’éduquer et d’enseigner, il y a un rapport spécifique qui se crée inéluctablement entre maître et disciple ; c'est-à-dire, entre enfant et ses parents, ainsi que ses éducateurs, entre élèves et leurs enseignants, entre adultes et les animateurs socioprofessionnels, etc… L’imitation du modèle devient alors une démarche pédagogique par excellence non seulement dans les rapports positifs entre enseigné et enseignant, mais, hélas, aussi, dans les rapports négatifs entre la vedette et ses fans, ou bien entre le caïd et les membres de sa bande. Les parents, les éducateurs, les enseignants, les éducateurs , etc.., deviennent des exemples ou des modèles qu’on imite. C’est une axiome « de faire ou de s’efforcer de faire exactement ce qu’on voit ou ce qu’on a vu faire ». On prend quelqu’un pour exemple ou pour modèle et on s’efforce de se conformer à sa conduite , ou bien on adopte les manières d’un autre ou des autres.
Les carences des milieux éducatifs. Or, justement, les structures actuelles, d’éducation et d’instruction, ainsi que la société toute entière, manquent gravement, trop souvent, de la capacité de donner de bons exemples indispensables. Le concours des circonstance d’une évolution socio-économique, trop précipitée, fit que les milieux traditionnels d’enseignement, de l’éducation et de l’instruction, subissent de profonds changements malencontreux. Le laïcisme républicain, de plus en plus agressif et la mutation progressive des moeurs, a annihilé les aspirations moralisatrices de la religion qui fut considérée, pendant longtemps, comme étant la porteuse essentielle de la morale. La famille traditionnelle, intangible, qui avait, elle aussi, un rôle important dans l’éducation, s’est progressivement désagrégée . Les corps d’éducateurs et d’enseignants traversent une crise de confiance et de délaissement,. La société, toute entière, semble actuellement abasourdie de la situation et ankylosée pour pouvoir réagir.. Pourtant, l’issue de cette grande crise d’éducation que traverse la France, passe inéluctablement par une prise de conscience générale et par l’opiniâtreté de tous pour agir tant qu’il n’est pas trop tard.



