
La démocratie, dit Larousse, est le gouvernement où le peuple exerce la souveraineté. La notion souffre cependant des excès de signification mais dans le système de Démocratie représentative des citoyens, telle qu’elle est pratiquée dans de nombreux pays, tout particulièrement en Europe, les décisions issues des scrutins librement exprimés deviennent indéniables pour tous les citoyens, sans exception. C’est la règle inexorable du gouvernement démocratique.
Or, on observe, depuis plusieurs décennies, dans certains pays démocratiques, tout spéciale- ment la France, des dérapages regrettables. Le suffrage universel, instauré définitivement en France le 5 mars 1848 mais devenu effectif seulement le 21 avril 1944, est attribué à tous les citoyens du pays. Ceux-ci l’exercent, d’une façon directe , pour élire le Président de la République et les députés, qui sont leurs représentants à l’Assem- blée nationale. Ils participent, également, d’une façon indirecte, par le truchement de collectivités et de certaines associations, à l’élection des sénateur, membres du Sénat. Les deux institutions, Assemblée nationale et Sénat, constituent le Parlement. C’est le système le plus courant pour que le peuple puisse exercer sa souveraineté.
Le président de la République est élu pour ses projets de gouvernement du pays qu’il présente durant la campagne électorale qui précède son élection. Celui-ci s’entoure d’une Majorité de députés et de sénateurs, nomme un Premier ministre et constitue un Gouvernement qu’il charge à réaliser les projets pour lesquels il a été élu par le peuple. Par conséquent, les institutions mises en place ex- priment, durant la législation, la volonté politique de la majorité d’électeurs. Les règles démocratique exigent que la minorité respecte la décision du suffrage universel tout en exerçant son droit d’oppo- sition constructive, dans l’attente de nouveaux scrutins Or ce n’est pas toujours le cas. Il y a de plus en plus d’abattements à ces règles qui font déraper la Démocratie
La France souffre, depuis plusieurs décennies, de l’inadaptation de son système politique et de son modèle social aux exigences des temps modernes..
L’élection d’un nouveau président de la République a donné, à de nombreux Français, un espoir de changement profond du pays. Nicolas Sarkozy a été élu sur des projets de réformes, largement explicités durant la campagne électorale. Par ailleurs, la plupart des parlementaires soutiennent les réformes nécessaires proposées par le président. Dès son élection, ce dernier s’était lancé, à corps et âme, à des reformes qui, selon lui, de- vraient conduire aux changements, de fond en comble, non seulement du pays mais aussi des menta- lités de beaucoup de Français.
Or, les mouvements sociaux, du dernier trimestre de 2007, ont montré combien est difficile de réformer la France. Que la démocratie y est chancelante. Que le sens social manque à de nombreux Français et que l’intérêt général est annihilé par des intérêts mesquins, individuels et corporatifs. C’est ce que révèle la plupart des grèves et des manifestations qui ont troublé le pays durant cette période.
Depuis la rentrée du mois de septembre, la France est en bouillonnement. Non seulement à la suite de nombreuses réformes que le gouvernement a fait voter par le parlement, conformément aux engagements pris par le président de la République, mais surtout par les mouvements de grève et les manifestations de rue, d’une partie de la population qui conteste ces réformes.
C’est un phénomène typiquement français qui s’exporte, hélas, dans d’autres pays de l’Europe, comme la Belgique et l’Italie, de contester avec véhémence les mesures prises par le pouvoir.. En effet, des associations à caractère social ou socioprofessionnel, de toutes sortes, parfois créées ad hoc, auxquelles s’associent certaines corporations et communautés et, souvent, soutenues par des partis politiques de l’opposition, contestent les décisions prises démocratiquement par le gouverne- ment. Des meneurs de foules, habiles mais sans scrupules démocratiques, démagogues et populistes, font sortir des gens dans la rue, organisent des grèves et des manifestations souvent violentes, pour en apitoyer d’autres et pour faire pression sur le pouvoir. Ces mouvements, que Nicolas Sarkozy appelle « chantage de la rue », sont devenus redoutables en France. Ils ont fait chuter jusqu’ici de nombreux gouvernements.
Durant plusieurs semaines la France a vécu au ralenti, sous la pression, les menaces et les turbulences. Les nombreuses grèves, manifestations et autres mouvements sociaux tourmentèrent non seulement la population dans sa vie quotidienne, privée et professionnelle, mais encore ils perturbèrent les activités économiques du pays. Les neuf jours de grèves, qui ont paralysé la France, durant le mois de novembre 2007, ont coûté près de deux milliards d’euros,.
Le droit des travailleurs français de se mettre en grève et de manifester leur mécontentement, lorsque leurs intérêt légitimes sont en péril, est un droit constitutionnel, reconnu et exercé dans la plupart des pays démocratiques. Mais, la prolifération démesurée et la répétition incessante de grèves et de manifestations, de contestations, souvent injustifiées, et surtout les conséquences subies par l’économie du pays et par la population, permettent de se poser des questions sur le caractère démocratique de certaines associations sociales et socioprofessionnelles, ainsi que de certains mouvement sociaux qui vont carrément à l’encontre des intérêts du pays et de ses habitants. Un nouveau modèle social, mieux adapté à notre temps, s’impose ! .


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