07 août 2007

France: Une histoire navrante


C’est une histoire à la fois sombre et sordide, convenant parfaitement, par sa nature, aux lamentations des « Jérémiades de H.B », qui montre les défaillances de la démocratie locale. Elle se passe à ECKBOLSHEIM, petite ville de la Communauté Urbaine de Strasbourg.

Il s’agit d’un litige qui oppose, depuis cinq ans, un citoyen de la localité, âgé actuellement de 84 ans, au Maire qui est vice-président, à la fois, de la Communauté Urbaine de Strasbourg et du Conseil Général du Bas-Rhin.

Voici brièvement les faits portés à la connaissance des lecteurs des « Jérémiades de H.B. », par le souffre-douleur, lui-même :

« Nous habitons, mon épouse et moi, à Eckbolsheim, une petite ville faisant partie de la Communauté Urbaine de Strasbourg. Nous y avons acquis notre maison, il y a trente ans, pour finir paisiblement notre vie, bien remplie, tant sur le plan professionnel que sur celui socioculturel, qui m’a valu, d’ailleurs, la nomination dans l’Ordre National du Mérite.

Nous y avons passé, des années heureuses, au milieu de nos trois enfants et de nos cinq petits enfants, jusqu’en 2001, lorsque le Maire de la localité décida de faire remplacer, du jour au lendemain, sans notre avis, un bac à fleurs existant sur un emplacement exigu, tout près de ma maison, par deux conteneurs de tri d’ordures ménagères.

A partir de ce jour notre existence devint un véritable cauchemar.

En effet, sur un emplacement d’une surface d’à peine quelques mètres carrés, où se trouve déjà une cabine de transformation de l’Electricité de Strasbourg, situé dans un carrefour étroit de trois ruelles, les deux conteneurs furent installés à moins d’un mètre de la clôture de ma propriété et à quelques mètres de la maison d’habitation ; et, de surcroît, de la cuve à mazout.
De ce fait, nous subissons quotidiennement toutes les pollutions et les nuisances, inhérentes à l’utilisation des conteneurs de collecte d’ordures : les bruits assourdissants de verre brisé, à toute heure de la journée et parfois de la nuit ; les éclats provoqués lors des vidanges quotidiennes des conteneurs, par les camions-grues ; l’incivilité de certains usagers qui déposent, souvent des déchets, autres que ceux autorisés et parfois mal odorants, dans les conteneurs, et quelques fois à même le sol, tout près de notre clôture ; et, en surplus, nous vivons dans l’épouvante du danger que nous encourons en cas d’incendie des conteneurs, qui pourrait provoquer une véritable catastrophe, vue la proximité de la cuve à mazout.

En 2003, lors d’un début d’incendie de l’un des conteneurs, j’ai attiré en vain, par lettre recommandée, l’attention du Maire sur le fait que l’exiguïté de l’emplacement, ainsi que la proximité des conteneurs de notre maison d’habitation nous font encourir de très grands dangers et de ce fait énormément pâtir.
Comme rien n’était entrepris pour remédier à la situation qui empirait progressivement, j’ai réitéré, au mois de mai 2005, ma demande de faire enlever les deux conteneurs. Mais mon intervention est restée, une fois de plus, sans suite.

Devant l’attitude dédaigneuse du Maire, j’ai résolu de sensibiliser l’opinion publique sur ma situation. A cet effet, j’ai fait publier, dans le journal régional « Les Dernières Nouvelles d’Alsace » du 21 août 2005, un article par lequel j’attirais l’attention des lecteurs du périodique sur les conditions d’existence qui nous étaient imposées.

Cette fois-ci, le Maire de la localité s’était enfin ressaisi. Bénéficiant de son droit de réponse, il répliqua par une insertion dans le même quotidien, le 18 septembre 2007. Son attitude dédaigneuse, ses affirmations ambiguës et captieuses et sa prétention inique de favoriser l’intérêt général à l’aspiration d’un couple de personnes âgées de terminer paisiblement sa vie, nous ont valu de nombreuses lettres de sympathie, de la part d’habitants de la localité et d’ailleurs.

Suite à cette échange, par l’intermédiaire du journal DNA, le Maire m’a fixé un « rendez-vous en mairie pour évoquer le problème ». Retenu par ailleurs, j’ai décliné cette rencontre que je n’avais pas sollicitée.

Par sa lettre du 23 septembre 2005, le Maire, visiblement gêné d’avoir été interpellé par voie de presse, répondit enfin à mes interventions précédentes. Ses allégations étaient cependant malavisées, aléatoires et précaires. (j’avais demandé, dit-il, à notre police municipale de procéder à une enquête de voisinage, afin de pouvoir évaluer objectivement les gênes éventuellement occasionnées par l’utilisation de ces conteneurs……A l’issue de cette enquête, le voisinage directement concerné se déclare satisfait de leur présence, les avantages de proximités l’emportant largement sur quelques rares gênes ponctuelles….)

Le 3 octobre 2005, j’ai répondu à la lettre de M. le Maire et contesté ses affirmations tant sur le fond que sur la forme.

Le 10 octobre 2005, j’ai adressé une lettre personnelle à chaque conseiller municipal, et sollicité leur intervention auprès du Maire pour faire déplacer les conteneurs en litige.

Le 10 novembre 2005, j’ai reçu une réponse écrite collective, mais non signée, que je cite : « Nous tenons tout d’abord à préciser qu’il ne s’agit en aucune manière d’une option prise isolément par le premier magistrat de la Commune, mais bien d’une décision collégiale à laquelle ont souscrit tous les membres de la Municipalité.. »

Le 9 novembre 2005, je me suis adressé, par lettre recommandée, à Monsieur le Président de la Communauté Urbaine de Strasbourg. Ma lettre est restée cependant sans réponse.

Le 27 décembre 2005, j’ai sollicité l’intervention de M. le Préfet de la Région.

Le 20 février 2006, M. le sous-Préfet, Secrétaire Général adjoint, Chargé de l’Arrondissement chef-lieu et de la Politique de la ville, me fait savoir : « Votre courrier a retenu toute mon attention et je comprends bien votre souci. J’ai donc demandé aux services compétents qu’il fasse l’objet d’un examen circonstancié…………………
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Pour autant, je ne mésestime pas la réalité des nuisances que vous subissez. J’observe toutefois que les services municipaux, seuls compétents dans ce domaine, ont essayé, autant que faire se peut, d’en réduire au maximum l’impact ».

Le 8 septembre 2006, je me suis adressé, par lettre recommandée, à Monsieur le Procureur de la République, du Tribunal de Grande Instance de Strasbourg. Après l’enquête entreprise par la Gendarmerie de Wolfisheim , le Procureur de la République me fait savoir, le 25 janvier 2007, que « l’examen de cette procédure n’as pas démontré l’existence d’une infraction pénale « . Il m’invite de « poursuivre moi-même la procédure en me constituant partie civile devant la juridiction d’Instruction ou de jugement… »

Le 16 janvier 2007, je me suis adressé à Monsieur le Président du Conseil Général, qui, ironie du sort, venait justement de prendre position, à l’occasion de l’examen, par l’Assemblée Nationale, du projet de loi concernant « la protection des majeurs ».

Le 6 mars 2007, le Président du Conseil Général répond à ma lettre, par l’intermédiaire de son Directeur du Cabinet qui m’informe : « Je tenais à vous informer, même si c’est avec quelque retard que (M. Le Président du Conseil Général) s’en est entretenu avec le maire de votre commune, qui est seul compétent dans ce domaine… »

Après avoir entrepris, sans succès, les démarches auprès de la plupart des collectivités locales et départementales, je me suis adressé, in extremis, le 23 juillet 2007, à Monsieur le Président du Conseil Régional dont la réponse ne m’était pas encore parvenue à la date d’insertion du présent récit………

Cette affaire continue à nous empoisonner la vie . Elle illustre bien l’esprit « clanique » et la pensée unique qui règnent dans certains milieux régionaux où la démocratie et l’humanisme sont visiblement bafoués. Je suis, cependant, déterminé de poursuivre ma lutte jusqu’à mon dernier souffle……

J’invite mes concitoyens d’Eckbolsheim et tout particulièrement les personnes, éprises de justice et de démocratie qui prennent connaissance de ce récit, de se rendre sur place, au carrefour des rues, de la Croix, de Saverne et de Guynemer, y constater de visu l’affront qui m’est fait et, le cas échéant, d’agir, en leur âme et conscience, sachant que ce qui m’arrive, à moi, aujourd’hui, pourrait leur arriver, à eux aussi, un jour ! «

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