
Le nombre de migrants ne cesse d’augmenter à un rythme inquiétant au point de mettre en cause les identités ethniques actuelles de certains pays de la planète. Les nations de l’Europe et de l’Amérique du Nord en sont les plus concernées. En effet, les mouvements présents des populations prennent de plus en plus l’allure de grandes migrations qu’a connu l’humanité depuis le début de son histoire, et dont la dernière, celle du début de notre ère, fit naître la plupart des nations actuelles. Les communautarismes des migrants, qu’on voit se constituer actuelle- ment un peu partout dans les pays d’Europe, sont de nature à bouleverser les cultures traditionnelles et à changer ou à anéantir l’identité nationale de nom- breux pays. Les métissages physique et culturel en seront, inéluctablement, les conséquences.
Les conflits armés actuels font augmenter encore davantage le flux mi-gratoire surtout vers des pays qui possèdent une réputation de haute stabilité et de bien être. Quatre millions d’Iraqiens et à peu près autant d’Afghans sont déjà sur le chemin de l’exil. Ils seront rejoints bientôt par les réfugiés Palestiniens et Pakistanais, auxquels s’ajouteront encore de nombreux autres fuyants d’endroits instables de la planète où les conflits et les guerres font rage. Ils s’ajouteront à quelque cinquante millions de migrants qui sont arrivés déjà, durant les dernières décennies, dans les pays d’Europe et de l’Amérique du Nord.
La situation s’empirera encore plus par les migrants environnementaux (réfugiés climatiques) dont le nombre ne cessera d ‘augmenter proportion- nellement au réchauffement atmosphérique de la planète. En effet, une étude réalisée en 2000, par la Croix Rouge et le Croissant Rouge, avait estimé à 25 millions le nombre de personnes contraintes de migrer en raison de la dégradation de leur environnement, à peu près autant que le nombre de réfugiés fuyant des conflits armés. D’après les estimations des spécialistes, ce chiffre pourrait doubler d’ici 2010, et risquerait même d’atteindre 200 millions de personnes, une fois que le réchauffement climatique se fera pleinement sentir. Demain, les rangs des réfugiés climatiques pourraient grossir encore plus avec les personnes fuyant les grands deltas inondés, qui hébergent aujourd’hui 300 millions de personnes, les terres arables desséchées ou les économies en crise des états insulaires du Pacifique, d’Afrique tropicale ou du bassin méditerranéen.
Par ailleurs, il faudrait ajouter, à cette énorme masse migratoire, les mi-grants des pays à fortes populations, en plein développement économique, tels la Chine et l’Inde. Ceux-ci désertent déjà en nombre leurs pays d’origine et s’établissent en tant que mains-d’œuvre ou, plus souvent, auprès des comptoirs chinois et indiens crées, de plus en plus nombreux, dans certains pays de l’Europe.
Devant le danger de l’invasion massive de migrants, qui se profile à l’horizon, de nombreux pays des zones menacées, ont pris quelques dispositions préventives pour tenter de maîtriser la situation.
Les Etats-Unis d’Amérique ont renforcé la garde de ses frontières avec le Mexique et l’Amérique latine; et le Canada a rendu plus rigoureuse la réglementation sur l’immigration dans le pays. La plupart des pays européens, à leur tour, ont adopté ou sont sur le point d‘adopter des mesures restrictives pour l’accueil des immigrés, leur intégration ou leur refoulement.
Le gouvernement allemand a adopté le 28 mars 2007 un projet de loi qui prévoit que les candidats à la nationalité devront « prouver leur connaissance de l’ordre social et juridique en Allemagne. Ils devront au préalable avoir suivi des « cours d’intégration » (instruction civique). Le projet prévoit aussi, parmi les conditions pour la régularisation des étrangers débutés de leur demande d’asile, la maîtrise correcte de l’allemand. De même, le regroupement familial ne sera possible que si le conjoint invité à rejoindre l’Allemagne a déjà des connais- connaissances de la langue allemande.
La Grande-Bretagne, plus ouverte à l’immigration que beaucoup de pays d’Europe, veut mieux gérer les immigrations et éviter les effets néfastes du communautarisme. Désormais, qui veut y vivre de manière permanente doit, depuis le 2 avril 2007, passer des tests. On évalue son niveau linguistique et sa connaissance du contexte britannique. Londres entend privilégier une immigration choisie, susceptible de s’intégrer plus facilement. Un test intitulé « la vie au Royaume-Uni », composé de 24 questions : histoire de la Grande-Bretagne, système politique, coutumes, droits des citoyens, obligatoire, depuis 2004, pour tous ceux qui demandent la nationalité britannique, est désormais exigible auprès de tous les étrangers qui veulent résider de manière permanente dans le pays. Les conjoints de résident de Grande-Bretagne devront eux aussi passer des tests de langue. Pour combattre les mariages arrangés, Londres va relever à 21 ans l’âge minimum pour un visa de mariage.
L’Autriche a instauré dès mars 2006 des tests aux candidats à la naturali- sation : 18 questions sur l’histoire et les institutions du pays.
Au Danemark, les demandeurs de naturalisation devront passer à partir du 15 mai 2007 une épreuve écrite pour montrer leurs connaissances de la société danoise, de sa culture et de son histoire. Les candidats auront une heure pour répondre à 35 questions sur 200 questions parues déjà dans la presse.
Au Portugal, un test de connaissance du portugais est seulement prévu pour les candidats à la naturalisation, mais non pas pour l’immigration.
En Italie, un projet de loi introduit le concept de « réelle intégration » ; celle-ci devra être prouvée notamment par un « test d’immigration » et une vérification de la connaissance de la langue
Aux Pays-Bas, l’intégration est une obligation légale. Réussir un test afin de prouver son aptitude à s’intégrer y est déjà fermement imposé par la loi. Avant même de demander un visa ad hoc, les postulants à l’intégration doivent passer un examen dans les ambassades et consulats néerlandais de leur pays d’origine, moyennant un droit d’inscription de 350 euros…à chaque tentative. Les candidats passent un test vocal informatique de néerlandais, dont ils doivent maîtriser les bases, puis répondre à des questions sur la culture et la société néerlandaise. Une fois aux Pays-Bas, afin de maintenir leur titre de résidence ou, éventuellement, d’obtenir la nationalité néerlandaise, ils sont obligés de réussir un test d’intégration prouvant qu’ils maîtrisent le néerlandais et connaissent le fonctionnement de la société et les institutions du pays.
En Finlande, les candidats à la naturalisation doivent passer un test de langue (y compris la langue des signes) ou bien avoir suivi des études de finlandais ou de suédois, les deux langues officielles du pays.
Les Etats baltes, Lituanie, Lettonie et Estonie, ont également imposé des tests linguistiques pour les étrangers, inclusivement les Russes, qui s’établissent dans les pays
En Pologne, un projet de loi prévoit l’introduction de tests linguistiques pour certaines catégories de demandeurs de citoyenneté.
En Grèce, aucun test de langue n’est prévu pour les candidats à l’immigra- tion dans le pays. Toutefois, après avoir vécu cinq ans sur le territoire, les immigrés qui veulent un titre de séjour pour une durée illimitée doivent suivre 400 heures de cours de grec et 25 heures de civilisation.
Ni la Belgique, ni la Suède, ni la République tchèque n’ont adopté de tests de connaissance ou de langue pour des candidats à l’immigration ou à la naturalisation.
En France, ancien pays colonisateur, les points de vue sur l’immigration divergent selon les candidats à la présidence de la République. Nicolas Sarkozy, préconise une « immigration choisie ». Il veut que les postulants sachent lire et écrire le français et que les candidats au regroupement familial soient soumis avant le départ de leur pays à un test « démontrant leur connaissance sommaire de la langue française ». Ségolène Royal envisage un système de visa permet- tant, aux étrangers, allers et retours pendant plusieurs années et un critère de régularisation au bout de 10 ans. Quant à François Bayrou, il propose le développement de l’Afrique pour stopper l’incitation à l’immigration. Jean- Marie le Pen et Philippe de Villiers sont tous les deux adeptes de, respecti- vement, la suppression ou la réforme du « droit du sol » ; et le rétablissement de la double peine et de l’expulsion des sans papiers.
Par ailleurs, l’Union européenne a renforcé dernièrement, à son tour, le contrôle de certaines frontières plus exposées, pour endiguer le flux de migrants. Elle a accordé le 20 avril 2007 à son agence de surveillance des frontières (FRONTEX), les moyens que celle-ci réclamait pour mener à bien ses missions, comme les patrouilles au large de l‘Afrique de l ‘Ouest pour enrayer l’immigra- tion clandestine vers les Canaris.
Toutes les mesures prises jusqu’ici ou bien celles qui sont envisagées paraissent, cependant , sporadiques et inefficaces devant l’ampleur du mouve- ment migratoire mondial qui est en plein essor. Rien ne semble pouvoir l’arrêter et avec lui les mutations et les changements inéluctables que subit actuellement la planète.


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