
Nul n’échappera au réchauffement mais il faut s’y adapter et le mitiger.(GIEC-2007)
Le rapport du groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC), réuni du 2 au 6 avril 2007 à Bruxelles, afin d’établir les conséquences du réchauffement climatique sur les populations et les écosystèmes du monde entier et d’adopter d’éventuelles mesures, pour y remédier, avertit: « le réchauffement climatique frappera en premier les régions les plus pauvres mais il aura des impactes négatifs sur toutes les régions de la planète..
Les experts ont observé que de nombreux systèmes naturels, sur tous les continents et dans la plupart des océans, sont déjà touchés. Les lacs glaciaires grandissent et les sols gelés deviennent instables. La capacité de stockage du dioxyde de carbone par les écosystèmes terrestres, comme les forêts, devrait culminer en 2050, avant de décliner ou même de se transformer en émetteur net de gaz carbonique, amplifiant le changement climatique.
La toundra, les forêts boréales, les montagnes, les écosystèmes méditerranéens et les régions côtières sont les plus menacés. Les événements printaniers, bourgeons, migration des oiseaux et ponte, sont plus précoces et des espèces animales et végétales de déplacent vers le nord. Algues et zooplancton prolifèrent, les poissons migrent plus précocement. Si la température n’augmente que de 1,5, 20 à 30% des espèces végétales et animales sont menacées d’extinction.
D’ici 2050, le débit moyen des rivières et la disponibilité en eau devraient augmenter de 10 à 40% aux hautes latitudes et dans certaines régions tropicales humides. En revanche, elles diminueraient de 10 à 30% dans certaines régions sèches aux latitudes moyennes et tropicales où les surfaces affectées par la sécheresse s’étendraient considérablement.
Les fortes précipitations, dont la fréquence augmentera, et la fonte des glaciers, accroîtront le risque d’inondation.
La fonte des glaciers himalayens va gonfler les rivières du Sud de la Chine, d’Asie du sud et du sud-est et provoquer des éboulements de terrain. Parallèlement, les côtes sont doublement menacées par les crues des fleuves et par l’intrusion des eaux marines sous la poussée du niveau des océans. Dans les méga-deltas fortement peuplés, Yangtsé en Chine, Gange de l’Inde au Bengladesh ou Mékong au Vietnam, une montée des eaux de 30 cm se traduirait par une érosion du littoral sur 45 km de profondeur.
Les digues de nombreux pays sont fragilisées et des régions sont menacées d’être submergées par les eaux... Avec 55% du territoire en-dessous du niveau de la mer, les Pays-Bas sont particulièrement exposés à la menace de la montée des océans.
Les rendements agricoles devraient augmenter légèrement dans les régions de moyennes et hautes latitudes (plus froides) si la température augmente localement de 1 à 3° selon les cultures, mais pourraient diminuer au-delà. Aux latitudes plus basses, en particulier dans les régions sèches et tropicales, les rendements devraient diminuer même avec une augmentation locale des températures limitée à 1 ou 2°. Dans certains pays africains, comme ceux du Sahel, les récoltes pourraient diminuer de 50% en 2020 et même de 90% en 2100, selon les experts de du GIEC. Les besoins d’irrigation vont augmenter, l’eau va se raréfier ou sa qualité se dégrader. La gestion complexe des cours d’eau – chaque pays en partage au moins un avec ses voisins – risque d’exacerber les tensions.
En Amérique latine, du Mexique en Amazonie, la savane gagne sur la forêt et la désertification des terres agricoles menacent la sécurité alimentaire du continent. D’ici 2050, la moitié des terres agricoles pourraient être concernées. Le continent a déjà été touché l ‘année dernière par des catastrophes climatiques majeures.
La santé de millions de personnes sera affectée par la malnutrition, les décès et maladies liés aux vagues de chaleur, inondations, sécheresses, tempêtes et incendies. Les experts prédisent une prévalence accrue des maladies diar- rhéiques et des maladies cardio-respiratoires dues à des concentrations élevées d’ozone. Dans les zones tempérées, les effets positifs (moindre mortalité liée au froid) seront plus que compensés par les effets négatifs de la hausse de tempé- rature et des canicules dans les grandes villes.
Le réchauffement de la planète pourrait provoquer l’exode de dizaines de millions de « réfugiés du climat » ou de « migrants environnementaux », comme préfère les appeler le GIEC, poussés hors de chez eux par les sécheresses et les maladies.
Selon certaines estimations il y a déjà presque autant de personnes déplacées dans le monde en raison du climat que de réfugiés traditionnels et que ces chif- fres vont, vraisemblablement, croître au fur et à mesure que les effets du changement climatique seront perceptibles. Il pourrait atteindre 50 millions de personnes d’ici 2010.
Malgré l’urgence de remède à cette situation, les Etats-Unis et la Chine, ainsi que la Russie, responsables, à eux trois, d’au moins 80% des émissions de gaz industriels nuisibles, ont tout tenté pour édulcorer les messages scientifiques. La quasi-totalité des données chiffrées a été retirée du résumé du rapport présenté le 6 avril 2007. Le seuil, au-delà duquel les impacts s’aggravent notablement, a été relevé de deux degrés. C’est pourquoi, malgré les expertises alarmantes établies par 1000 représentants du monde entier, le rapport du CIEC, consacré aux conséquences des changements climatiques, en minimise les dangers. Il propose des solutions se regroupant en deux thèmes : adaptation et mitigation.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire